DFDS Seaways France ferme la ligne transmanche Le Havre-Portsmouth - 22/09/2014

© Éric Houri

C’est lors du comité d’entreprise extraordinaire, tenu ce 15 septembre dans ses bureaux de Dieppe (Seine-Maritime), que DFDS a annoncé qu’il allait stopper sa ligne entre Le Havre et Portsmouth, assurée par la rotation quotidienne du «Seven Sisters», fret et passagers. Avançant près de 2 millions de pertes en 2013 pour un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros, l'opérateur danois de ferries et fréteurs rouliers renonce. Il assure avoir mené des «actions stratégiques pour réduire les pertes et atteindre l’équilibre financier» mais, explique-t-il, le marché de la Manche occidentale en particulier au départ du Havre «enregistre une baisse continue des volumes et souffre également de surcapacité». 215.000 passagers et 29.000 véhicules ont été transportés en 2013, contre 212.000 et 27.000 en 2012 : malgré cette progression, la ligne est «structurellement déficitaire», affirme la compagnie. 

Directive soufre 

D’abord exploitée par P&O, cette ligne avait été reprise en 2005 par LD Lines (Louis Dreyfus Armateurs), puis, depuis octobre 2012, par DFDS Seaways France, filiale du danois DFDS qui s’est s’associé avec LD Lines. Pour réduire les coûts, l’armateur avait réduit les volumes, en mars 2014 : le «Norman Voyager», affrété, a ainsi été remplacé par le «Seven Sisters», de plus petite taille (48 cabines contre 100, 1.475 mètres linéaires contre 2.200), armé par 90 membres d'équipage. DFDS Seaways affirme également avoir intensifié la prospection commerciale, notamment en Grande-Bretagne. Le groupe, enfin, évoque les réglementations liées à la directive européenne Marpol. La directive soufre impose dès janvier 2015 en Manche et mer du Nord l’utilisation de gasoil désulfuré dans les machines, qui renchérit le prix des soutes ou nécessite d'investir dans des systèmes de filtration très coûteux pour adapter les navires aux nouvelles normes antipollution sur les rejets de NOX et SOX dans l'atmosphère.

 

"Un seul opérateur, Brittany Ferries"

Reste que le marché du transport transmanche est devenu fortement concurrentiel. L’armateur français Brittany Ferries s’est ancré au Havre en mai 2013 avec un navire à grande vitesse pour la haute saison (le «Normandie Express») et, depuis mars 2014, un car-ferry classique pour le reste de l’année (l’ex-«Norman Voyager», devenu «Étretat»). Il reste donc le seul exploitant de la ligne et envisage de renforcer la liaison, tout comme de commander un ferry au gaz. 
La cessation de la ligne entraînera, selon DFDS, des coûts de licenciement des personnels à terre – 22 personnes concernées – qui devraient se monter à environ 2 millions d’euros qui apparaîtront dans les comptes opérationnels comme un élément spécifique. Pour le groupe nordique, les éléments spécifiques devraient atteindre, pour l’année 2014, 6,7 millions d’euros contre 4,7 originellement prévus. «Les perspectives du groupe restent, par ailleurs, inchangées», assure-t-il. DFDS exploite la ligne Dieppe-Newhaven dans le cadre d’une délégation de service public (DSP), avec le soutien du Conseil général de Seine-Maritime renouvelé pour un an.

Natalie Castetz


in http://www.lantenne.com/ 18/09/2014

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