Nouveau paquebot France : « L’aventure continue » - 30/09/2014

Où en est le projet de construction d’un nouveau paquebot France ? « L’aventure continue », explique Didier Spade, qui a lancé l’idée en 2009 et, depuis,  remue ciel et terre pour voir son rêve devenir réalité. Alors que le design, les dimensions, la capacité et la disposition des aménagements intérieurs du navire ont été définitivement arrêtés fin 2013, le projet en est actuellement à sa phase la plus délicate : celle du financement. Une étape cruciale et complexe, qui vise à réunir les fonds nécessaires à la construction du navire. Le budget est estimé à environ 450 millions d’euros mais, comme Didier Spade a choisi un financement par capital-investissement (private equity), il estime entre 150 et 200 millions d’euros la somme devant être levée auprès d’investisseurs, qui deviendront actionnaires. Le solde sera apporté via des prêts bancaires.

Le Nouveau France (© BEVIEW - SDI)

Un premier investisseur français rejoint l’aventure

Le tour de table doit comprendre deux types d’investisseurs. Les premiers seront constitués de fonds étrangers, et c’est eux qui devraient mettre sur la table les sommes les plus importantes. Des contacts ont notamment été noués au Moyen-Orient, où un candidat potentiel s’est montré intéressé pour investir plusieurs dizaines de millions d’euros. Comme Didier Spade souhaite que les intérêts tricolores soient importants dans le projet final, mais qu’il sera difficile d’obtenir de gros financements dans l’Hexagone, le père du Nouveau France a eu l’idée de créer un Club des Investisseurs, avec un ticket d’entrée de 3 millions d’euros. L’objectif est d’atteindre une vingtaine de participants pour atteindre au moins 60 millions d’euros. Avec une bonne nouvelle puisqu’un premier investisseur français vient de donner son accord pour rejoindre l’aventure. Il s’agit d’un entrepreneur bien connu qui, pour l’heure, souhaite rester discret. Mais c’est un premier succès très encourageant sur lequel Didier Spade compte capitaliser pour convaincre d’autres personnalités de s’engager à ses côtés. « C’est, pour ainsi dire, notre première victoire en matière de financement, et elle nous rapproche indéniablement du but ».

Le Nouveau France (© BEVIEW - SDI)

Livraison espérée en 2017/2018

Côté planning, le calendrier initial, qui prévoyait une mise en service du Nouveau France en 2015, a logiquement glissé. « On ne peut pas aller plus vite que la musique », reconnait Didier Spade, qui vise aujourd’hui un bouclage du montage financier fin 2015 avec si possible un lancement de la construction du paquebot dans la foulée. Tout dépendra bien entendu de la date à laquelle le tour de table sera complet mais, aussi, de la disponibilité des chantiers navals. Didier Spade entend toujours faire réaliser le navire à Saint-Nazaire, qui suit le projet avec une bienveillante attention. Mais STX France va rapidement voir son outil industriel mobilisé par la construction de quatre paquebots géants, livrables entre 2016 et 2019 aux compagnies Royal Caribbean International et MSC Cruises. Ces quatre mastodontes, appelés à devenir les quatre plus gros navires de croisière du monde (227.000 GT et 2700 cabines pour les Oasis de RCI et près de 170.000 GT et 2250 cabines pour les Vista de MSC), ne satureront toutefois pas totalement le chantier nazairien. Il reste de la place, mais pas forcément à toutes les périodes.

Le Nouveau France (© BEVIEW - SDI)

Cap sur les Etats-Unis ?

Cela n’est, toutefois, pas forcément un problème puisque même si le Nouveau France devait être livré à l’automne ou en hiver, ce qui n’est pas une bonne saison pour un lancement européen, la Méditerranée n’est pas la seule option possible pour les débuts commerciaux du navire. Didier Spade songe en effet de plus en plus à organiser une grande transatlantique vers New York, sur les traces de l’ancien France, avec dans la foulée de cet évènement historique une exploitation sur le marché américain, qui pourrait être séduit par l’originalité et la qualité du concept. Après sa saison inaugurale, le paquebot reviendrait ensuite en Europe pour la belle saison.

Atteindre l’excellence

D’ici là, il y a encore pas mal d’étapes à franchir et beaucoup de pain sur la planche. Didier Spade et son équipe continuent notamment de travailler sur le produit, qui vise le très haut de gamme. Or, l’entrepreneur parisien a bien conscience qu’il va devoir placer la barre très haut, surtout s’il veut convaincre la très exigeante clientèle américaine habituée aux croisières de luxe. En plus du navire en lui-même, qui devra être aux meilleurs standards en termes de confort, de design et de service, l’accent sera mis sur la qualité de la restauration. C’est l’une des grandes spécialités françaises mais proposer des restaurants gastronomiques en mer demeure un véritable challenge, que bien peu de compagnies atteignent. Pour les connaisseurs, l’objectif de Didier Spade est d’atteindre une restauration qualitativement au moins équivalente à celle d’Oceania Cruises, réputée comme étant la meilleure d’un point de vue culinaire. Pour y parvenir, Didier Spade, comme il l’a fait pour le design avec de grands noms français, dont Jean-Michel Wilmotte, s’entoure de toques étoilées. Ainsi, un partenariat de 10 ans a été conclu avec Alain Ducasse, le  célèbre chef français devant définir l’ensemble des menus proposés à bord du Nouveau France.

Pour mémoire, les études portant sur le navire ont été réalisées par STX France, le bureau d’architecture nantais Stirling Design International et Tillberg Design International. Il en résulte, aujourd’hui, un vaisseau de 260 mètres de long, 32 mètres de large et 64.000 GT de jauge. Une unité de grand luxe pouvant accueillir jusqu’à 790 passagers, servis par 600 membres d’équipage. En tout, le navire compte 398 suites de 36 à 190m², incluant toutes un balcon. 

Le Nouveau France (© BEVIEW - SDI)

Nouveau paquebot France

in www.meretmarine.com/ 26/09/2014

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