Un pilote de bateau-mouche risque trois ans de prison avec sursis - 18/03/2015

Deux personnes étaient décédées en 2008 dans la collision entre un bateau-mouche et une vedette devant Notre-Dame. (Photo : DR)

Trois ans de prison avec sursis ont été requis le mardi 3 mars à l'encontre du pilote d'un bateau-mouche jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour le naufrage d'une vedette devant Notre-Dame en 2008 qui avait causé la mort de deux personnes dont un enfant de six ans.

Le procureur a également réclamé une suspension du permis bateau du prévenu pendant une période minimale de deux à trois ans et une amende de 1 500 euros. Pour le magistrat, la faute commise par le prévenu est « dominante ».

Le procureur lui a reproché « un défaut d'attention », favorisé par une consommation de cannabis. Il a également mis en avant le non-respect par le pilote des distances de sécurité réglementaires entre navires et un excès de vitesse au-delà des 12 km/h autorisés par le règlement fluvial.

À l'audience, les deux experts maritimes désignés par les juges d'instruction ont mis en cause la trop grande vitesse du bateau-mouche qui a violemment heurté l'arrière de la vedette alors que celle-ci venait de pénétrer sous le pont de l'Archevêché, face à Notre-Dame.

Pour l'un de ces experts, les causes de l'accident sont, outre la vitesse et le manque de vigilance, la visibilité réduite du pilote dont la cabine est située à l'arrière du bateau long de 60 mètres. L'expert a également fait état de sa fatigue après 12 heures de rotations ininterrompues, avec une seule pause d'une heure et demie, ainsi que la responsabilité de la compagnie pour avoir imposé « ces cadences de rotation pour un maximum de rentabilité ».

La présidente du tribunal s'est étonnée pour sa part que les bateaux-mouches ne soient pas équipés de compteurs de vitesse. Elle a également souligné qu'une partie variable du salaire des équipages de la Compagnie des bateaux-mouches dépendait du nombre de boucles effectuées (32 euros par tour), ce qui, selon elle, pourrait expliquer l'allure adoptée par les pilotes.

Compte tenu de la longueur des débats, la plaidoirie de la défense a été reportée au 31 mars. Le jugement sera ensuite mis en délibéré.

in www.lemarin.fr 04/03/2015

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