Interview de La Tribune de l'Assurance avec Paul-Eric Eyssautier, Président de l'UCAMAT - 11/07/2014

Interview de La Tribune de l'Assurance avec Paul-Eric Eyssautier, Président de l'UCAMAT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L’Ucamat veillera à ne pas être diluée dans la nouvelle CSCA »

Paul-Eric Eyssautier, président de l’Ucamat

Le président de l’Ucamat – l’Union des courtiers maritimes et transports évoque les chantiers en cours au syndicat et les tendances du marché.

Quel est le poids de l’Ucamat aujourd’hui ?

L’Ucamat regroupe à la fois des courtiers généralistes qui ont des branches spécialisées en maritime et transports – je les qualifie de grossistes –, et des courtiers indépendants spécialisés, de type retailers. Ces derniers, qui travaillent sur des niches, sont de mieux en mieux équipés et apportent des services à haute valeur ajoutée. Les courtiers membres de l’Ucamat drainent 80 % du volume des primes en maritime et transports

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés depuis votre nomination à la présidence de l’Ucamat ?

J’assume la présidence du syndicat depuis l’automne 2013 pour une durée de trois ans, renouvelable. Je me suis d’abord attelé à simplifier et rendre plus efficace notre organisation. Nous avons ainsi créé quatre commissions de travail : corps, facultés, logistique et pêche et fluvial. Nous allons aussi devoir gérer au mieux l’intégration de l’Ucamat au sein de la CSCA (Chambre syndicale des courtiers d’assurances). Nous y figurons au même titre que le Syndicat 10, comme un syndicat catégoriel. Il nous faudra être vigilant pour ne pas être absorbé, ni dilué dans le nouvel ensemble. Car nous avons un rôle important à jouer de défense des intérêts de nos clients dans le secteur des transports et du maritime. Mon souhait est par ailleurs d’internationaliser le syndicat et d’y faire entrer de nouveaux acteurs, notamment étrangers. Des contacts ont déjà été pris en ce sens. Enfin, il nous appartient de veiller à ce que les règles de déontologie et d’éthique soient respectées dans notre profession.

Comment se présentent vos relations avec les assureurs transports et maritime ?

Nos relations ne sont pas tendues. Le marché d’assurance corps reste soft et celui des facultés également ; il serait même encore orienté à la baisse bien que les assureurs estiment leurs résultats insatisfaisants. Le renouvellement des affaires se négocie toujours au cas par cas, fonction des statistiques de l’entreprise. Et si le nombre de preneurs de risques a diminué, la capacité est pour autant toujours là. Certains acteurs ont même mis le turbo ces dernières années ! Axa demeure toujours incontournable, Allianz montre des signes de reprise et Generali monte en puissance. Il est aussi important que nous puissions travailler en corps avec les marchés londonien (le Lloyd’s) et norvégien, et en facultés avec l’Extrême-Orient (places de Hong Kong et Singapour) et les marchés européens, notamment belge et suisse.

Avez-vous du mal à vendre la police corps internationale française ?

Nous avons conçu cette police corps internationale en commun avec la FFSA et Armateurs de France. Si elle présente de nombreux avantages, cette police n’est cependant pas encore entrée dans les mœurs. Les habitudes ne se changent pas facilement. Il faudra du temps pour que les clients se l’approprient. Un bon marketing autour devrait toutefois leur permettre d’en saisir la valeur ajoutée.

Quels sont, selon vous, les segments porteurs à venir pour les courtiers maritimes et transport ?

Je citerai en premier lieu le domaine de la responsabilité civile et professionnelle, mais également celui de la gestion des risques spéciaux. J’entends par là les risques liés au terrorisme, à la guerre, aux événements géopolitiques, les risques financiers et de perte d’exploitation de revenus. Sur la PE, nous sommes clairement confrontés aujourd’hui à des difficultés de placement. Le développement sur ces segments impliquera de former des collaborateurs en interne, ou de recruter des compétences sur des marchés extérieurs étrangers. Dans les deux cas, cela représente un investissement. Pas sûr que tous les courtiers y consentent !

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