La Tribune de l'assurance :« Eyssautier redevient totalement maître de sa stratégie » - 13/05/2013

Paul-Eric Eyssautier, président-directeur général du Groupe Eyssautier

Alors que le courtier spécialisé en transport est sorti du capital de Gras Savoye en début d’année, son PDG nous livre sa feuille de route pour les mois et les années à venir.

Pourquoi avoir souhaité quitter le groupe Gras Savoye ?

C’est l’aboutissement d’un parcours. Nous étions dans le giron de Gras Savoye depuis près de vingt ans. Nous avons vécu un partenariat très constructif. Mais mon sens entrepreneurial m’a incité à reprendre le capital pour retrouver une indépendance totale. En tant que courtier de niche, il était selon moi important de capitaliser sur notre spécialité, l’assurance transport. Or, il est plus facile de le faire en tant qu’indépendant de façon autonome que dilué dans un grand groupe, davantage confronté au changement de gouvernance et de stratégie. Nous redevenons aujourd’hui totalement maîtres de notre stratégie.

Mais vous perdez les avantages apportés par un grand courtier comme l’accès aux grands comptes ou encore la puissance d’un réseau international…

Je ne partage pas votre avis. Je vous rappelle que notre expérience nous a permis de pénétrer tous les segments de clientèle, y compris les grands comptes. Lorsque nous avons perdu ces clients, c’était généralement dans le cadre d’appels d’offres globaux. Je ne suis donc pas inquiet concernant l’accès à ce type de clientèle. Concernant le réseau international, je pense justement que le fait de retrouver une totale indépendance nous permettra d’optimiser notre présence hors de France.

C'est-à-dire ? Quels pays sont dans votre viseur ?

Notre priorité est de relancer notre accréditation au Lloyd’s en installant un bureau de représentation à Londres. Nous sommes aujourd’hui le seul courtier maritime français à proposer un accès direct au marché londonien. Mais du fait de la présence de Willis dans le capital de Gras Savoye – notre ancien partenaire –,nous avions volontairement freiné ce volet de notre activité. Avec une présence physique renforcée à la City, nous gagnerons immédiatement en réactivité. Parallèlement, nous allons renforcer notre activité en Afrique où nous avons déjà beaucoup de clients notamment dans le domaine du trading. Notre volonté est de traiter à court terme en direct avec les compagnies d’assurance africaines et avec les clients. Enfin, nous allons consolider notre activité à Genève. Une place où nous disposons déjà de plusieurs clients, essentiellement dans le domaine du cargo.

Fort de ces orientations, sur quelle progression de votre activité misez-vous à court terme ?

Nous souhaitons passer d’un chiffre d’affaires de 10 M€ à 20 M€ d’ici à cinq ans. Ce doublement de l’activité s’accompagnera de recrutements de nouveaux talents.

Que vous inspirent la disparition du guichet Groupama transport et la reprise des activités par Helvetia ?

Il est toujours regrettable de voir un nom français disparaître. D’autant plus que nous avions toujours apprécié la qualité de produits et des équipes de Groupama transport. Mais dans le cadre de nos activités en Suisse, nous avons su créer une relation de confiance avec Helvetia qui nous a déjà envoyé des signaux positifs concernant l’intégration des équipes de Groupama transport. Nous sommes donc confiants en l’avenir sur ce sujet.

 

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La Tribune de l'assurance - article en ligne semaine du 13/05/2013

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